
Pour y aller tout de go,
Isabelle Huppert est probablement l'une des toutes meilleures actrices actuelles
(et, volontairement, je n'ajoute pas : française).
Cette comédienne sait tout faire et elle le fait à merveille. Femme,
enfant, femme-enfant, bourgeoise, putain, intellectuelle, psychotique,
artiste, ouvrière, elle est constamment juste. Comédie, drame,
classique, moderne, elle est toujours dans son environnement. Un pur
prodige, vous dis-je !
Et je ne suis influencé en rien par sa filmographie déjà impressionnante ou le nombre de ses récompenses dans les festivals
(sauf celui de Berlin qui reste sourd et aveugle à son talent), qui en font la plus "palmée" des actrices.
Diplômée du Conservatoire d'Art Dramatique, elle a 16 ans pour son premier film
Faustine et le bel été
de
Nina Companéez (1972) dans lequel les têtes d'affiche féminines sont
Muriel Catalá et
Isabelle Adjani. Autant dire que la trajectoire des deux Isabelle n'a rien de comparable. On la retrouve, la même année, dans le
César et Rosalie
de
Claude Sautet puis, deux ans plus tard dans
Les Valseuses
de
Bertrand Blier où elle étonne dans son interprétation
(certes secondaire) d'une adolescente un peu dévergondée sous des apparences convenables.
Après quatorze films à son actif,
La Dentellière
de
Claude Goretta en 1976 la fit connaître et lui vaut sa première sélection pour les Césars. Premier film avec
Claude Chabrol en 1978,
Violette Nozière
la consacra vedette nationale et lui permet de remporter son premier prix d'interprétation à Cannes.
L'échec de
Heaven's Gate
de
Michael Cimino (1980) retarda sa reconnaissance internationale.
Elle est choisie par les plus grands réalisateurs français :
Jean-Luc Godard (
Sauve qui peut (la vie)
- 1979),
Maurice Pialat (
Loulou
- 1980),
Bertrand Tavernier (
Coup de torchon
- 1981),
Michel Deville (
Eaux profondes
). Elle tourne également à l'étranger : en Allemagne, en Italie, en Russie.
Sa collaboration avec
Claude Chabrol est particulièrement active :
Une Affaire de femmes
(1988),
Madame Bovary
(1991),
La Cérémonie
(1995) aux côtés de
Sandrine Bonnaire, pour lequel elle obtient un César, puis
Rien ne va plus
(1997). avec
Michel Serrault .
Le 20 mai 2001, elle reçoit un prix d'interprétation à Cannes pour son rôle dans
La Pianiste
de
Michael Haneke.
Plus récemment, elle est une des
8 femmes
les plus intéressantes dans le film de
François Ozon en 2002 et les deux soeurs jumelles, Magdalena-Maria, dans
Deux
(2002) que
Werner Schroeter a écrit pour elle. Elle a un coup de coeur pour
La Vie promise
d'
Olivier Dahan, même si le succès n'est pas au rendez-vous. Enfin, devrait sortir cette année
Le Temps du Loup
de
Michael Haneke, avec
Béatrice Dalle et
Patrice Chéreau (2003).
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